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Le Corbusier à nu au Centre Pompidou.

« Mesures de l’homme », dénomination intriguante pour qui ne connaît pas le travail de Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, peintre, puis architecte ayant marqué le XXème siècle. En effet, Le Corbusier est plus rappelé à ses réalisations de béton imposantes et déshumanisantes comme la nouvelle capitale de l’Etat du Pendjab et de l’Haryana Chandigarh, ou son Projet Voisin de 1925 consistant à littéralement raser le coeur de Paris pour y ériger des tours de plus de 60 étages. Pourtant, le Corbusier met au centre de son travail et de ses recherches la notion de corps et d’harmonie. « Le Corbusier, mesures de l’homme » exposition d’une ampleur inédite (300 œuvres présentées) lève le voile sur les contradictions et la complexité de l’artiste jusqu’au 3 août 2015.

 

Le Corbusier (1887-1965) fut tout autant urbaniste, architecte, designer, théoricien, dessinateur ou peintre. Certes connu, pour son approche puriste, mathématisée, géométrique, du monde et des espaces, l’artiste développe tout de même son art autour du corps. Les Deux femmes assises (1929) incarnent cet intérêt pour le corps qu’a Le Corbusier, intérêt d’ailleurs tout autant développé dans la sculpture, Femme (1953). Mais c’est surtout dans l’architecture et le design du mobilier qu’on retrouve cela. L’architecte cherche à replacer au centre du projet l’homme, cela passe notamment par le souci de l’harmonie des espaces par rapport au corps humain, souci particulièrement visible dans ses projets d’habitations comme la villa Savoye, Poissy (1928). Pour le mobilier, ce n’est pas le corps qui s’adapte à la structure du meuble mais bien le contraire. La chaise longue LC4 ou le fauteuil à dossier LC1 en sont autant d’exemples visibles dans l’exposition. Loin d’un rationalisme froid que lui attribue l’imaginaire collectif, Le Corbusier cherche à tenir compte des lois de la perception humaine dans son travail.

 

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L’exposition montre aussi l’attrait qu’a le Corbusier pour les proportions parfaites, l’harmonie des formes. Cet intérêt est particulièrement visible pendant sa période dite « puriste » (à partir de 1918) pendant laquelle il collabore avec Amédée Ozenfant. La rigueur de ses idées peut cependant faire frémir, Le Corbusier imagine un nouvel étalon de mesure, le Modulor, basé sur la proportion du nombre d’or et sensé influer toute sa conception architecturale. Cette nouvelle unité de mesure est sensée instaurer une échelle de proportions plus humaine, à l’aide de cette unité la hauteur du plafond est fixée à 2 mètres 26, celle d’une table à 70 centimètres par exemple. Les critiques autour de cette conception uniformisante de l’espace sont nombreuses, aussi nombreuses que celles faisant référence à l’engagement politique passé de l’artiste.

 

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Quelques anecdotes sur Le Corbusier :

L’artiste devient cependant de plus en plus critiqué par ses contemporains. Salvador Dali parle en ces termes de l’architecte vers la fin de sa vie : « les bâtiments construits par Le Corbusier sont les plus hideux et intolérables qui existent ».

 

Moi aussi je veux de l'architecture de qualité !

 

 

 

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Les projets pharaoniques jamais réalisés par Le Corbusier : Le projet Voisin (Paris).

 

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Le Corbusier considère que « La nature est mathématique, les chefs-d’œuvre de l’art sont en consonance avec la nature. Ils expriment les lois de la nature et ils s’en servent. » Il érige en principe fondamental, l’échelle Modulor qui suit une progression vers le nombre sous la forme d’une suite Fibonacci (suite de nombre, ou de choses, où chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent). Ce nombre a été au centre de l’architecture mondiale depuis des siècles. Pyramide de Khéops, Parthénon d’Athènes, Homme de vitruve de Léonard de Vinci, sont des exemples d’utilisation du nombre d’Or.

 

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